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Les normes de qualité de l'eau

Les normes de qualité de l’eau d'alimentation


 L’eau est la denrée alimentaire la plus contrôlée. Si certains pays fixent leurs propres normes de potabilité de l’eau, d’autres répondent aux exigences fixées par l’OMS. L’Europe quant à elle suit 63 normes de la Commission des communautés européennes. Et la France, avec 54 normes, obéit à la réglementation de la DDAS. La consommation d’eau y fait même l’objet d’une préoccupation accrue. 
 Avant la découverte des microbes par Pasteur, une eau potable ne l’était guère que par son aspect. Les avancées scientifiques tout au long des XIX et XXème siècles en matière de contrôle ont en effet mis en évidence l’impact de la flore microbienne contenue dans l’eau. Le développement des théories sur l’"hygiène" ont souligné le lien entre la santé et la prévention avec pour conséquences majeures la mise en place d’un réseau de distribution en eau potable dans le pays développés. L’arrivée de l'eau courante dans les maisons, les systèmes d'évacuation des eaux sales, mais aussi l'installation d'équipements et de salles de bains ont eu une influence directe sur la qualité des réseaux de distribution et de désinfection. Aussi, dès les années 1950, les grandes agglomérations disposent d’un système de filtration rapide (chlore, ozone) en vue d’assurer des besoins en eaux adaptés à leur peuplement croissant. Les années 70 voient ensuite la mise au point de la filière de traitement biologique au moyen de bactéries purifiantes. Et au cours de années 90, la filtration membranaire, basée sur un procédé de tamisage nanométrique, apparaît. 
 La qualité des eaux d'alimentation répond en effet à une exigence de santé. La qualité de l'eau en elle-même dépend de son origine, de son état au captage, de l'efficacité du traitement si elle est traitée et de l'état des canalisations d’eau du robinet. Mais quand on évoque le sujet de la qualité du service d’eau, il est également question de l’aspect plaisir. En outre, une eau se doit d’être non seulement potable mais encore agréable à boire. N’en reste pas moins que, selon la Direction Générale de la Santé, 7,2 millions de foyers français sont susceptibles d’avoir une eau non conforme.

 Normes potabilité – Une eau potable est avant tout déterminée par l’absence de risque sanitaire. A cette fin, des normes ont été établies pour fixer les teneurs limites à ne pas dépasser pour un certain nombre de substances nocives et susceptibles d’être présentes dans l’eau. Elles sont le reflet d’un niveau de risque acceptable pour une population donnée dans le cadre des connaissances scientifiques du moment. En outre, certaines maladies ne se déclarent qu’une dizaine d’années plus tard. Quoiqu’il en soit, depuis décembre 2003, les normes de potabilité de l’eau en France prennent en compte 54 critères principaux d’évaluation. Ceux-ci s’articulent autour de deux sous-groupes majeurs : les paramètres microbiologiques, les paramètres chimiques.
 Les paramètres microbiologiques mettent en évidence la présence de bactéries et de virus pathogènes. La seule présence des deux bactéries, l’Escherichia Coli et les entérocoques, signale un risque de contamination biologique. Les paramètres chimiques (arsenic, le cadmium, le cyanure, le mercure, le plomb, le chrome, le nickel, l’antimoine et le sélénium, certains hydrocarbures, mais aussi les pesticides et les nitrates). Notons que les normes retenues pour ce groupe de substances sont calculées en tenant compte de la "marge d'incertitude" qu'on rencontre en toxicologie, c'est-à-dire qu'elles fixent des limites sensiblement inférieures aux seuils considérés comme acceptables. Les teneurs tolérées sont infimes, parfois de l'ordre du millionième de gramme, ce qui exige des analyses extrêmement fines. Elle ne doit contenir certaines substances chimiques qu’en quantité limitée : il s’agit en particulier de substances qualifiées d’indésirables ou de toxiques, comme les nitrates et les phosphates, les métaux lourds, ou encore les hydrocarbures et les pesticides, pour lesquelles des " concentrations maximales admissibles " ont été définies. À l’inverse, la présence de certaines substances peut être jugée nécessaire comme les oligo-éléments indispensables à l’organisme. 
 Le pH permet de savoir si une substance est acide (pH 1-6), neutre (pH 7) ou basique (pH 8-14). La norme de potabilité fixe son pH entre 6.5 et 8,5. Le maximum admis est 9,5. Des pH inférieurs à 7 peuvent provoquer une corrosion des tuyauteries métalliques. Des concentrations élevées en plomb, par exemple, peuvent résulter de la corrosion de canalisations par une eau exagérément acide.
 
 Qualité et paramètres organoleptiques – Ils sont des indicateurs de qualité témoignant de la salubrité des réseaux de production et de distribution. Sans détenir de caractère obligatoire, ils nous renseignent sur la couleur, la saveur, l'odeur et la transparence. Ceci étant, une eau d’apparence trouble ou bien dégageant une odeur de chlore peut tout à fait être consommable. Ces paramètres sont donc le fait d’étalonnages spécifiques. Une eau ne dopit pas présenter une coloration plus prononcée que solution au “ au platine-cobalt ” contenant 15 mg de platine par litre. Quant à l’odeur, elle dépend d’un certain nombre de dilutions dans de l’eau inodore afin de faire disparaître l’odeur. Le nombre de dilution est limité à trois à une température de 25 degrés. La saveur est obtenue par comparaison avec d’autres eaux et induit un dosage en sels minéraux minimum quoiqu’en respect des quantités indispensables à l’organisme (de 0,1 à 0,5 gramme par litre).
 La référence qualité prend également en compte la dureté d'une eau ou Th qui correspond à la présence de sels de calcium et, dans une moindre mesure, de sels de magnésium (de strontium, de baryum). Une dureté trop importante peut entraîner l'entartrage des canalisations et des appareils de chauffage et ceci est accentué avec la température (bouilloire, cumulus...). En plus de générer des consommations accrues en électricité, elle contraint à un usage renforcé du savon et contribue à polluer davantage. A l'inverse, une dureté trop faible ne permet pas la formation d'une couche carbonatée protégeant les canalisations de certains risques de corrosion.
 Les éventuels effets sur la santé de la dureté (ou de la douceur) de l'eau de boisson sont controversés. Un lien existe entre la dureté de l'eau et les problèmes cardio-vasculaires. On a noté une fréquence moins grande d'infarctus du myocarde chez les populations où l'eau est dure. Les eaux trop douces présentent des dangers pour la santé car elles dissolvent d'abord les anciens dépôts calcaires puis le plomb et le zinc des tuyaux. Quoi qu'il en soit, le calcium et le magnésium sont deux éléments indispensables pour l'organisme.

 Le traitement des eaux – Dans un premier temps, les eaux brutes susceptibles de fournir de l’eau potable sont soumises à des normes d’évaluation. Les eaux candidates à la consommation courante sont classées en trois catégories de qualité (A1, bonne, A2, moyenne, A3, médiocre) ou simplement non retenues. Elles proviennent des cours d’eau ou des nappes d’eaux souterraines et sont ensuite canalisées vers les usines de production d’eau potable où elles subissent divers traitements physiques, chimiques et biologiques. Après usage des consommateurs, elles sont recueillies pour être conduites vers les usines de dépollution des eaux usées, avant d’être enfin rendues à la nature. 
 Ce cycle subi par l’eau du fait de son usage par les sociétés humaines se décompose en cinq grandes étapes : le captage, le transport, la production d’eau potable, la distribution, puis la collecte et la dépollution des eaux usées. Cela nécessite d’énormes infrastructures. L’exemple de la population française montre qu’il ne faut pas moins de 40 000 captages, 700 000 kilomètres de canalisations, et près de 16 000 usines de production d’eau potable pour assurer les besoins en eau courante. Mais il faut encore ajouter les installations de collecte et de dépollution des eaux usées, soit 180 000 kilomètres de canalisations et 12 000 usines de dépollution.
 À chaque étape de ce cycle, la qualité de l’eau est contrôlée par les traiteurs d’eau et les pouvoirs publics. À l’évidence, seuls les pays riches peuvent se doter de tels équipements. En Europe, la fréquence des contrôles est réglementée par les pouvoirs publics de chaque pays. En France, ces contrôles sont d’autant plus fréquents que les volumes d’eau distribués sont grands. Dans les agglomérations importantes, plusieurs contrôles sont quotidiennement effectués et certains paramètres constamment suivis. En revanche, les petits villages, généralement contraints qu’à deux ou quatre contrôles annuels, ne peuvent offrir le même suivi que les villes en regard du coût.

 L’eau est une denrée rare de par sa quantité et la fragile reconstitution de ses stocks. L’eau est vitale, cependant, l’eau peut occasionner des dommages parfois graves sur la santé, voire mortels. A l’instar de l’Europe d’il y a quelques siècles, le niveau d’hygiène entre directement en ligne de compte du développement des maladies hydriques. C’est bien la leçon que les pays développé ont retenue. 
 Seulement, dans certains pays pauvres, les micro-organismes se multiplient dans des eaux impropres à la consommation. La seule présence de bactéries telles que le colibacille, le vibrion cholérique responsable du choléra, peut, sans soins requis, entraîner la mort. Dans ce registre, la fièvre typhoïde provoque des troubles digestifs et de fortes fièvres. Les parasites représentent également un risque d’infection dans les régions chaudes et humides. On recense la bilharziose, due à un tout petit ver, à l’étendue endémique en Afrique et en Asie, engendrant des dysfonctionnements du foie, de la vessie et des intestins. L’onchocercose, présente surtout en Afrique, peut conduire à la cécité.
 Face à l’ensemble de ces maladies hydriques, s’impose un constat terrible : environ 6 millions d’enfants meurent chaque année sur notre planète des suites de maladies gastro-entérites, 100 millions de personnes déclarent constamment une gastro-entérite hydrique. 260 millions d’individus souffrent de bilharziose, et 30 millions d’onchocercose sont recensés. Le facteur essentiel mis en jeu : la pauvreté. Sans eau potable ni aménagements de rigueur pour traiter les eaux usées, en l’absence même de soins curatifs liés aux affections hydriques, le sort des populations pauvres tient à un dilemme révoltant : au détour de ce besoin en eau vital les attendent la maladie et la mort, à l’heure même où les pays riches possèdent méthodes et techniques de traitement des eaux. Telle est la tristesse d’un monde à deux vitesses.

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