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Cadre théorique – D’un point de vue philosophique, le yoga vise à harmoniser les différents éléments qui composent l’être humain. Dans les ouvrages de référence, le yoga est décrit comme la voie qui conduit à la libération ultime par la réunion de l’âme avec l’Absolu ou pure conscience. Dans les écrits du sage Patanjali, les Yoga Sutra, il est décrit comme une méthode permettant d’apaiser les tourments de l’esprit conscient et de canaliser utilement l’énergie physique et mentale. Le yoga purifie le corps et l’esprit pour amener finalement le yogi à l’illumination.
Le yoga peut se pratiquer de différentes façons qui correspondent aux différents tempéraments et aux différentes conceptions de l’existence. Par le biais des exercices respiratoires et la méditation il aspire à conduire à l’équilibre intérieur et à la sérénité. En cheminant sur la voie de la concentration, en contrôlant l’énergie physique et mentale, le pratiquant accède à la connaissance de soi. En effet, dans le yoga, la science du contrôle physique et mental, souvent appelé “Voie Royale” (tout comme Freud disait du rêve qu’il est la voie royale de l’esprit) amène à une meilleure compréhension de soi-même et libère le corps de toute tension qui pourrait entraver cette recherche du soi intérieur.
Toutes les formes de yoga se fondent sur les bases conceptuelles fournies par le sâmkhya. Il y apparaît que nos états de conscience sont les produits de la même substance qui est à la base du monde physique et du monde de la vie, simplement ce sont des produits plus raffinés, plus subtils. La libération survient lorsqu'on a compris cette vérité, et lorsque le purusha recouvre sa liberté initiale, l'homme n'étant au fond qu'un purusha asservi.
Le processus de libération – Ainsi d'après la sâmkhya, quiconque désire obtenir la libération doit commencer par connaître à fond la prakriti et les lois qui régissent son évolution. Cette dissolution s'accomplit dans des centres énergétiques répartis tout au long de la colonne vertébrale depuis sa base jusqu'au sommet su crâne : les cakra-s, au nombre de 7, dont les 6 premiers nous intéressent ici : dans le mûlâdhâra-cakra (situé à la base de la colonne vertébrale entre l'orifice anal et les organes génitaux, au plexus scro-coccygien) se dissout le tanmatra "odorat et l'élément grossier qui lui correspond : la terre. Dans le svâdhishthâna-c (au niveau du plexus sacré, à la base des organes génitaux) : le tanmatra "goût" + l'élément « terre », Dans le manipûra-c (au niveau du nombril, du plexus épigastrique) : tanmatra "vision" + élément "feu" Dans l'anâhata-c (au niveau du cœur) : tanmatra "toucher" + élément "air", Dans le viçuddha-c (au niveau de la gorge, plexus laryngien) : tanmatra "son" + élément "éther" Dans l'âjñâ-c (plexus caverneux entre les sourcils) se dissout l'organe interne (buddhi, ahamkara et manas).
Le Yoga classique, celui de Patañjali, commence là où finit le sâmkhya. Patañjali s'approprie presque entièrement la philosophie sâmkhya à deux notions près, et il ne pense pas que la connaissance métaphysique puisse à elle seule conduire à la libération suprême. La libération doit, pour ainsi dire, être conquise de haute lutte, au moyen d'une technique ascétique et d'une méthode de méditation : le yogadarçana. Le but de cette lute yoguique est de supprimer la conscience normale au profit d'une conscience qualitativement autre, laquelle seule pourra comprendre exhaustivement dans toutes ses implications cette vérité de la distinction entre le purusha et la prakriti. Or, la suppression de la conscience ordinaire n'est pas pour le yoga si facile à obtenir. Outre le savoir (darçana), elle implique aussi une pratique (abhyâsa) et une ascèse (tapas).
Alors que selon le sâmkhya la voie du salut est essentiellement celle de la connaissance, le yoga accorde une importance considérable aux techniques de méditation.
Pratique du Yoga – Les huit degrés du hatha-yoga : Yama : refrènements ; Niyama : disciplines ; Âsana : postures ; Prânâyâma : discipline du souffle ; Pratyâhâra : rétraction des sens ; Dhâranâ : concentration ; Dhyâna : méditation ; Samâdhi : enstase. Ceux-ci sont gravis un à un via la maîtrise de 5 piliers fondamentaux. Tout commence par la pratique des "asanas" ou postures. Debout, elles échauffent les muscles, améliorent la respiration et la circulation sanguine. Elles développent la force physique, renforcent l’équilibre et la coordination. Les postures assises procurent pour la plupart une détente physique et nerveuse. Elle assouplissent les jambes et la colonne vertébrale. Les postures sur le dos sont moins exigeantes sur le plan physique et peuvent être tenues longtemps sans concentration particulière. Plus difficiles à exécuter, les postures inversée se révèlent reposantes.
L’importance du contrôle de la respiration apparaît sous le terme de "pranayama". La respiration varie selon la position du corps, le pranayama est une technique respiratoire qui apprend à contrôler son souffle, donc l’énergie vitale, sans laquelle il n’est pas d’action, de pensée ni de sentiment.
Le troisième pilier concerne l’art de la relaxation dit "savasan". C’est la combinaison des postures (asanas) et des exercices respiratoires (pranayama) qui permettra de l’atteindre. De la sorte, il sera possible de retrouver de l’énergie grâce à la dissolution des tensions.
Le quatrième pilier insiste sur une alimentation saine, en l’occurrence végétarienne. Un régime équilibré doit comporter des protéines, des hydrates de carbone, des lipides, des vitamines et des sels minéraux et comprendre les six saveurs (douce, salée, aigre-acide, piquante, amère, astringente). Il est recommandé de manger modérément, d’éviter les piments, l’ail, les oignons, le thé, le café, la cigarette, la viande, le poisson, les œufs et l’alcool. Le jeûne est bénéfique de temps en temps.
En dernier lieu, la pratique de la pensée positive et de la méditation "vedanta et dhyana" est vivement conseillée. Car elles libèrent le mental des craintes imaginaires et amène au silence du Soi, où réside la paix qui dépasse toute compréhension. La méditation intervient à partir du moment où la concentration est soutenue et où l’esprit, totalement absorbé par l’objet de la contemplation, sourd aux sollicitations extérieures, est en éveil et pleinement actif.
Bien que nécessitant un apprentissage auprès d'une personne qualifiée et expérimentée, le yoga reste une méthode basée sur l'effort personnel, sur la liberté et la capacité individuelle. Celui qui le pratique prend en mains les rênes de son devenir et acquiert les moyens d'une véritable autonomie. Traditionnellement le yoga est une échelle qui va du Hatha-Yoga au Raja-Yoga. Il est donc préférable de bien réaliser d'abord la discipline de base qu'est le Hatha Yoga. Il convient de développer son corps et sa respiration ainsi que son aptitude à la concentration et à la relaxation, préalables incontournables.
Une fois le Hatha-Yoga acquis, l'étude du Kundalini Yoga et du Raja-Yoga peut commencer, si on le désire, ainsi que l'étude des techniques de Yoga-Nidra du deuxième niveau. Ce type de Yoga est une recherche que l'on approfondit au fil des années car il est basé sur une prise de conscience qui évolue sans cesse à travers la pratique. Le Raja Yoga ouvre un champ d'expérience et d'exploration à la conscience humaine qui semble sans limites. Il n'y a pas un Yoga plus élevé ni meilleur que l'autre ; chacun choisira la branche du Yoga qui servira au mieux ses intérêts dans le temps présent ou qui correspond le mieux à son attente et à sa recherche actuelle.
Quoiqu’il en soit et quelle que soit sa pratique, le yoga garantit une sensibilité moins grande aux aléas de la vie quotidienne (stress, peur, angoisses, idées noires). En effet, le travail sur la respiration, et l'harmonisation progressive de l'inspiration et de l'expiration qui en résulte, suscite une certaine égalisation, dans le bon sens du terme, des sentiments : la joie et la peine, par exemple, sont considérées dès lors comme les deux faces d'une même médaille. Certes, le yoga demande un investissement important, mais il est un chemin de développement personnel, et s’il ne conduit pas à l’éveil total, il confère une ouverture à la conscience qui grandit le pratiquant au fil du temps.