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Le métier de psychanalyste – La psychanalyse entend conférer à l’homme autonomie et liberté dans sa vie, quel que soit son conditionnement religieux, culturel et social. Elle est avant tout une expérience unique qui place l’homme face à lui-même de façon toujours inédite. Par le biais du langage, elle fait appel aux ressources les plus enfouies, et cherche à exhumer les désirs, à les rendre acceptables en surmontant les entraves éventuelles du passé. Afin d’initier ce travail chez son patient, le psychanalyste doit faire preuve d’une solide formation, et, en l’occurrence, avoir lui-même suivi une psychanalyse. Il arrive que le thérapeute soit placé sous supervision les premières années de son exercice. A noter toutefois que le titre de psychanalyste n’est pas encore protégé par la loi.
Rappelons tout de même la différence entre un psychanalyste, un psychothérapeute, un psychologue et un psychiatre. D’emblée, le titre de psychothérapeute n’est pas protégé et globalise des formations de durées diverses. A contrario, le psychologue témoigne de cinq années d’études universitaires et son travail est reconnu par un diplôme officiel. L’un et l’autre praticien apporte conseil et écoute à son patient. A la différence du psychologue, le psychanalyste ne se contente pas d’étudier la psyché et se fait fort d’intervenir dessus dans le cadre de sa pratique. En outre, s’il est nécessaire qu’un psychanalyste connaisse en profondeur les mécanismes psychologiques, son travail s’ancre dans l’expérience du divan. Loin de toute forme de suggestions ou de techniques de relaxation, la psychanalyse est un travail en profondeur sur l’inconscient.
Mais elle se distingue encore de la psychiatrie, qui est une branche à part entière de la médecine étudiant la partie physique du psychisme et marquée par le traitement médicamenteux (principalement : neuroleptiques, tranquillisants, anxiolytiques, régulateurs d'humeurs).
L’analyse pour qui, pourquoi ? – Dans une psychanalyse, il n’est pas question de guérir comme on l’entend au sens médical. Il s’agit bien plutôt de recouvrer un équilibre perdu ou fragilisé. Toute la question n’est donc pas tant de soigner une pathologie, mais de restituer ou conférer au patient la pleine potentialité de ses aptitudes et dimensions. Bien sûr, un certain nombre de raisons expliquent l’initiative d’une psychanalyse. Parmi elles, culminent le mal-être continu et les handicaps d’ordre affectif, professionnel ou limitant l’épanouissement personnel. Mais l’objectif de la psychanalyse ne s’arrête pas là et ouvre à une meilleure acceptation de nos richesses, de nos désirs, et de notre singularité par-delà nos schémas de vie réducteurs et répétitifs.
A cette fin, elle place le patient face à lui-même, et, chose souvent plus délicate, face à son propre inconscient. La perspective génère une crainte, voire une angoisse que la psychanalyse tente d’apprivoiser. Elle cherche alors à recréer notre contenu symbolique de manière à redonner à notre vie une dynamique positive. En un sens, elle entend substituer le désir de régression, voire de destruction, par un désir d’évolution. Car, au final, la psychanalyse cherche à nous soulager de l’angoisse en vue de nous aider à conférer un sens à notre vie. Elle est donc très indiquée dans le traitement des phobies et autres obsessions qui touchent notre quotidien. Elle constitue une aide importante face au sentiment de vide existentiel et permet d’apprivoiser la condition humaine sur la base d’une confiance retrouvée et d’un droit à l’existence déculpabilisé. En abordant de face ces questions essentielles elle soulève souvent un éventail de peurs aussi diverses que singulières (peur de conduire, de monter dans l'ascenseur, troubles obsessionnels compulsifs, rituels d’angoisse).
Mais le terrain de compétences de la psychanalyse recouvre des causes plus profondes liées à des blessures psychologiques importantes (névroses, délires, dépressions, persécutions, autodestruction, suicides, toxicomanie, alcoolisme). Elle devient alors un adjuvent tout indiqué aux soins psychiatriques et à la médicamentation. En outre, elle revêt également un rôle préventif aux âges sensibles (jeunes enfants, adolescents, la cinquantaine) en nous aidant à négocier des virages délicats de peur qu’ils ne constituent ultérieurement des nœuds psychologiques.
Les symptômes – La symptomatologie à laquelle se réfère la psychanalyse se décline à divers niveaux de gravité. Si l’on considère les troubles du sommeil, le pipi au lit, les troubles de la parole ou les phobies, nous évoquons là des gênes fort courantes. Mais le traitement de l’autisme ou des divers troubles de la personnalité peut parfois recouvrir des formes graves de dysfonctionnements psychiques. Ces derniers sont catégorisés en quatre grands registres théoriques. A noter toutefois que les troubles mentaux sont sujets à la réversibilité, quel que soit leur prégnance.
Le premier registre englobe les névroses, objet majeur des traitements psychanalytiques. Nombre de psychanalystes affirment qu’à un degré ou à un autre, nous sommes tous névrosés. Car la névrose est un processus de défense psychique d’adaptation au devant d’une existence perçue comme trop dure. Malgré tout, nul soin n’est véritablement requis tant que le trouble névrotique n’empêche pas de vivre une vie à peu près normale.
Le second registre concerne les perversions. La structure de la perversion maintient le pervers hors de portée de l’angoisse, a contrario de la névrose, dans le cadre d’un rapport à la loi symbolique (celle qui fonde notre organisation psychique) transgressé et déculpabilisé. On recense également le registre des troubles psychopathiques, troubles de la personnalité à mi chemin entre la névrose et la perversion.
Pour en finir avec cette classification, on relève encore le registre des troubles psychotiques. Ils sont considérés comme les causes les plus graves en raison de l’altération de la communication et du rapport faussé au réel qu’ils provoquent (paranoïa, schizophrénie).
La psychanalyse a connu un fort développement au cours des dernières décennies. A l’origine, simple méthode de traitement des troubles liés à la névrose, elle s’est affirmée petit à petit en tant que système scientifique à part entière. Sa démocratisation contemporaine en fait un outil de soin psychologique et de développement personnel reconnu, voire référent. Seulement, la psychanalyse souffre actuellement d’avoir avancé simultanément sur deux terrains qui connaissent une synthèse difficile : la recherche théorique et la pratique.
Sans juger de son efficacité, le travail psychanalytique renvoie directement à la qualité du praticien. Et il n’en reste pas moins que l’objectif majeur de la psychanalyse est de renforcer le moi. De la sorte, elle va dans le sens du droit d'exister en tant que soi. De par son travail, elle met en lumière ce qui tient du moi et ce qui ne lui correspond pas. Elle cherche à fortifier l’individualisme en nous préservant des influences extérieures, qu’elles soient sociales ou parentales. En exaltant la conscience dans des zones de l’être souvent enfouies et masquées, elle réinvestit l’homme d’une capacité à se comprendre, puis à décider librement de sa vie.
Nous l’avons vu, la psychanalyse est un puissant outil de développement personnel qui sous-entend un travail s’inscrivant dans la profondeur et la durée. Un thérapeute peut ainsi suivre le même patient pendant des années, l’aidant à décrypter la langue de son inconscient, puis à voyager en lui-même au fil de sa propre histoire de façon à l’apprivoiser puis à adopter une position saine à son égard. Le rôle du psychanalyste est donc crucial et délicat. Celui-ci doit maîtriser le fonctionnement psychanalytique et ne jamais négliger l’impact de sa propre subjectivité. Quoiqu’il en soit, la psychanalyse se présente bien comme une aventure humaine qui plonge ses racines dans l’inconscient en vue d’amener l’être au maximum de liberté et de conscience.
http://www.sospsy.com
http://www.psy-desir.com/-/psychanalyse-histoire.htm
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http://sergecar.club.fr/cours/inconsc1.htm#censure