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La pensée positive

 Il est communément admis, tant dans le langage courant que dans la pensée collective, que « penser positivement » permet de mieux vivre sa vie, voire d’attirer la chance à soi. Nombre de célébrités clament avoir réussi leur carrière grâce à la pensée positive, garante d’un mental fort et compétitif. De fait, nul n’irait nier les bénéfices immédiatement psychologiques d’une attitude positive face à une situation difficile. N’en reste pas moins que chaque personne réagit aux évènements via sa propre nature et qu’il demeure délicat de comprendre pourquoi certains ont spontanément tendance à positiver alors que d’autres sombrent facilement dans la négativité.

 Quoiqu’il en soit, la méthode Coué, considérée comme à l'origine de la pensée positive institué, propose à tous d’adopter une vision positive. Elle se base pour cela sur le prédicat selon lequel notre subconscient définit nos états physiques et mentaux. Elle obéit par ailleurs à cinq règles distinctes. Premièrement, toute pensée que nous hébergeons est pour nous une réalité ayant tendance à se réaliser. En second lieu, la première faculté de l’homme est l’imagination. Le troisième point nous indique qu’au cours d’un combat entre l’imagination et la volonté, c’est invariablement la volonté qui l’emporte. En quatrième point, la méthode Coué stipule que l’alliance de la volonté et de l’imagination décuple la force engendrée. Pour finir, elle prône la capacité de l’homme à conduire sa propre imagination par le biais d’autosuggestions quotidiennes. 
 Toutefois, Frédéric Fanget, psychiatre et psychothérapeute, nous met en garde : il ne faut pas confondre pensée positive et optimisme. Si à ses yeux, l’optimisme, face à l’incertain, suppose qu’il existe une issue favorable et d’agir en son sens, c’est là un mode d’action en plus d’être un mode de pensée. En cela, l’optimisme se distingue de la pensée positive, qui reste une manière de penser pas forcément en prise avec le réel, une attitude en amont des comportements. 
 
 Une hormone de l’optimisme ? – A l’heure actuelle, la science ne sait pas s’il existe une prédisposition génétique ou familiale à l’optimisme. Mais grâce à la neurobiologie, on sait désormais qu’il y aurait des neuromédiateurs (ou hormones du cerveau) influençant notre perception des choses. On parle de la sérotonine chez les dépressifs, et la piste de la dopamine est actuellement à l’étude dans le cadre de son possible effet psychostimulant et euphorisant.
 Comme nous le savons, la pensée, qu’elle soit positive ou non est issue du cerveau. Distribué en trois étage selon l’hypothèse de Mac Leen, ce dernier est l’agglomérat du cerveau reptilien ou cerveau de l'instinct, du cerveau limbique ou cerveau de l'émotion, ainsi que du cortex ou cerveau de la raison et de la mémorisation. Notons encore que la volonté est du ressort du cortex tandis que l'imagination dépend du limbique. En outre, pour reprendre Fanget, si l’optimisme est un mode d’action, et si pour Coué l’imagination l’emporte toujours sur la volonté dans la mise en œuvre de la pensée positive, nous pouvons penser que l’imagination est la clef de l’optimisme ou du pessimisme et qu’elle dépend elle-même du cerveau émotionnel. Or celui-ci, selon le neurobiologiste Antonio R. Damasio, est le siège des émotions mémorisées sous la forme de marqueurs sensoriels positifs ou négatifs. De là, nous aurions plutôt tendance à attribuer l’optimisme à une mémoire émotionnelle globalement positive alors que le pessimisme serait le fait d’un passé émotionnel difficile.
 N’en reste pas moins qu’une actualisation des marqueurs sensoriels se fait en permanence et qu’il est donc toujours possible de se « re-positiver ». De fait, Damasio pose nettement que le cerveau rationnel peut intervenir sur le cerveau émotionnel à son tour via le langage et la pensée. Chacun possède son propre terrain génétique, mais l’apprentissage de la vie, culturel, social, éducatif, offre l’occasion de développer un certain optimisme ou, au contraire, un certain pessimisme par modification des connexions synaptiques. C’est donc sans doute à ce stade que la méthode Coué libère toutes ses promesses, en tant que procédé de re-programmation positive.

 Principes de la pensée positive – Devenir optimiste repose sur une triple vision des choses : une vision de soi constructive, une vision du monde réaliste et une vision objective de son avenir. Apprendre à se voir autrement et à voir les choses différemment est enseigné par les thérapies comportementales et cognitives. Pour Aaron Timothy Beck, pionnier de la thérapie cognitive, le mode de pensée idéal justifie un équilibre précis : deux tiers de pensées positives pour un tiers de pensées négatives. Ce qui correspond à un léger optimisme.
 De fait, nos pensées négatives sont nécessaires car elles nous protègent et nous permettent de rester réalistes. En outre, les gens fonctionnant à cinquante cinquante ne jouiraient pas d’un très bon moral, s’avéreraient même un tantinet pessimistes, et leurs doutes et hésitations auraient tendance à les inhiber devant l’action. Comprenons que, selon Beck, l’action est la clef de notre attitude mentale : car si le pessimisme est encouragé par l’inaction, a contrario, l’optimisme se voit développé, même acquis très tôt, grâce à l’action.
 La pensée positive quant à elle s’appuie sur les trois techniques suivantes : la relaxation, la visualisation et l’affirmation. La relaxation est efficace lorsque le sujet atteint le niveau alpha. Elle se voit généralement associée à la visualisation pour être performante. Outre la détente mentale et corporelle qu’elle offre, la relaxation équilibre les deux hémisphères du cerveau. Ce qui signifie que ni le cerveau limbique ni le cerveau de la raison n’a l’ascendant sur l’autre.
 La visualisation est un mode spécifique de représentation mentale. Elle consiste à créer dans son esprit une représentation précise de ce que l'on désire voir se réaliser. En se laissant aller au ressenti que l'on aurait si c'était réalisé, en incorporant cette image, on peut enfin sortir de la relaxation en gardant cette image et en contractant tous les muscles (début de matérialisation).
 L'affirmation quant à elle est une déclaration positive que quelque chose est déjà arrivé. Elle peut être faite juste après la visualisation, à haute voix ou en silence. La "méthode Coué" entre typiquement dans ce cadre. Les formulations doivent être faites sur le mode affirmatif parce que le subconscient n'entend pas les négations.
 
 La pratique – A quoi sert la pensée positive, en alliance avec un comportement optimiste ? Tout bonnement à se programmer des objectifs concrets de vie bien définis, à déterminer l’écologie de l'objectif : l'impact sur les autres, la nature, le cosmos. En dynamisant l'objectif par la visualisation, en le renforçant chaque jour, il nous devient possible d’agir dans son sens pour le matérialiser. En gardant une certaine flexibilité, il nous est à tout moment possible de changer de voie si plusieurs solutions se présentent et que les portes se ferment. Quoiqu’il en soit, la pratique de la pensée positive encourage à être à l'écoute, et à chercher du sens dans tout ce qui nous arrive.
 La pensée positive peut être considérée comme une démarche d'évolution et de développement personnel. Dire ou penser "Je veux cela, donc je vais positiver" n'aboutit à rien si l'esprit de la pensée positive n'est pas présent, d'autant que la volonté est une qualité qui paradoxalement bloque souvent. Dans toutes les situations, il faut en effet savoir lâcher prise.
 La pensée positive utilise des outils, des techniques, mais la base fondamentale est une démarche saine de comportement vis à vis de soi et des autres, c'est-à-dire s'inscrivant dans une optique d'harmonie avec les lois de l'univers. Ainsi que tous les écrits de sagesse l'enseignent, on est responsable de ce qui nous arrive. Il ne faut donc pas dire "je n'ai pas de chance", ou encore "c'est la faute des autres". Il faut cultiver une attitude mentale positive. A l’idéal, chaque instant peut servir de test à la question suivante : "ce que je viens de dire ou penser, est-ce vraiment positif ?".
 Il s’agit en outre de n’héberger dans sa tête que des phrases saines et constructives. Cette gymnastique devient rapidement réflexe et engendre des résultats rapidement mesurables sur l’humeur et le moral.

 Comme nous l’avons vu, le principe de la pensée positive est de se servir de ses pensées, de son langage, de sa façon de communiquer d’une façon positive. L’idée sous-tendue par ce principe est que si nous portons un regard plus positif sur ce qui nous arrive, même dans des situations adverses, alors il nous devient plus facile d’y faire face et d’agir pour que l’issue en soit plus favorable. Si par exemple, nous répétons chaque jour que « la vie est difficile », « je ne peux pas réussir », « nous sommes en pleine crise », comment pouvons-nous espérer vivre et traverser sereinement des périodes difficiles, que ce soit pour des raisons affectives, médicales, psychologiques ou professionnelles ?
 Très tôt, dès l’enfance, nous apprenons des adultes un langage souvent chargé de contraintes, « il faut faire quelque chose », « il va falloir ne pas oublier…. », « il faudrait savoir parfaitement cette leçon ». Ces mots contribuent à créer en nous une certaine pression, nous incitant à agir sans joie et sans plaisir, et nous ressentons avec amertume un sentiment d’échec, chaque fois que nous n’avons pas atteint le but fixé. Or, les mots qui expriment la contrainte, « je dois », « il faut », « je suis obligé de », « je n’ai pas le choix », limitent justement nos choix.
 Selon les principes de la pensée positive, il est possible de commencer à se faire du bien en remplaçant systématiquement nos pensées négatives par des pensées positives. Cette technique vise à déplacer nos pensées négatives, à porter un regard forcément plus positif sur ce qui arrive, au point de chasser du plus profond de nous-mêmes toutes les conduites d’échec qui se développent parfois à notre insu et qui contribuent à entretenir du négatif dans nos vies. Pour vérifier l’efficacité de cette méthode, il n’existe qu’une seule méthode : l’expérimenter soi-même, en commençant par répéter l’affirmation suivante : « mon esprit est rempli de pensées positives » dès lors qu’apparait la moindre pensée pessimiste.

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