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Pratique de la médecine – La MTC distingue deux raisons possibles à la maladie : la première, externe (climatique ou alimentaire), et la seconde interne, liée aux humeurs. De fait, l’influence climatique obéit au cycle d’engendrement des éléments. Au gré des saisons, les énergies du vent, de la chaleur, de l'humidité, de la sécheresse et du froid adoptent successivement une influence tonifiante et malsaine. De la même manière, les aliments et les saveurs, regroupés en cinq catégories, activent positivement l’élément qu’ils incarnent s’ils sont consommés avec parcimonie et nuisent au contraire à l’organe correspondant s’ils sont ingérés excessivement.
Quant aux sources internes de déséquilibre, elle répondent traditionnellement aux sept sentiments : colère, joie/frayeur, pensées, accablement/tristesse et peur. Ainsi, la colère est associée à l'élément bois et agit sur le foie par activation du Qi, entraînant potentiellement des céphalées, des vertiges, ou un teint rouge. La joie, émotion du coeur, détend au contraire le Qi, générant de la sorte des palpitations ou la cyclothymie. Les pensées et les soucis, associés à la terre et à la rate-pancréas, ont quant à eux un effet bloquant sur le Qi, responsable de problèmes digestifs.
En s’appuyant sur la menée d’un interrogatoire, puis sur l’observation, l’olfaction et l’audition, et finalement la palpation, le praticien est en mesure de déterminer les causes objectives de la maladie. En relevant les fluctuations de l’énergie vitale, il est à même d’établir le diagnostic différentiel très précoce. En l’occurrence, la détection du moindre déséquilibre yin/yang dans tel ou tel organe, avant même l’éclosion des premiers signes cliniques, est une source d’informations de première éloquence pour la MTC. A tel point qu’il est courant que le médecin endosse le rôle de conseiller en prodiguant à son patient des exercices physiques ainsi que des avis sur la qualité de son mode de vie alimentaire et relationnel.
Les outils thérapeutiques – Comme nous l’avons exposé initialement, la thérapeutique chinoise se compose de quatre piliers majeurs : l’acupuncture et la moxibustion, le massage, la diététique chinoise et la pharmacopée. L’acupuncture (zhenjiu) consiste en l’implantation d’aiguilles sur des points énergétiques situés à la surface de la peau selon le réseau des méridiens. Dans son travail de rééquilibrage du Qi, l’acupuncteur se sert également de la moxibustion, qui consiste à chauffer ces mêmes points par de l’armoise incandescente. En pratique, les ventouses, le marteau « fleur de prunier » (composé de plusieurs petites aiguilles) complémentent traditionnellement le traitement.
Le second pilier de la MTC est le massage ou Tuina. En tant que tel, il représente un soin complet à même de désengager des problèmes superficiels de l’organisme. Mais il intervient encore dans le traitement des affections internes, notamment en gynécologie et en pédiatrie.
La diététique chinoise pour sa part tient en l’art de consommer les aliments nécessaires et suffisants au bon moment. Chaque aliment est soit de caractère Yin et apporte matière et froid, permettant l'entretien corporel, soit de caractère Yang, fournissant l’énergie et la chaleur à la base de l'énergie vitale. A noter que le traitement d’une maladie de nature Yin requiert un aliment Yang. C’est donc au gré d’une typologie taoïste que le diététicien en MTC opère ses régimes et ses soins.
Figure aussi la pharmacopée qui fait usage de substances végétales, animales et minérales. Leurs combinaisons, appelées empereurs, ministres, serviteurs ou ambassadeurs, sont sujettes à des prescriptions savantes parfaitement adaptées à la typologie du patient. La médication se présente alors sous des formes diverses : décoctions, plantes broyées, pilules de différentes tailles, onguents de façon traditionnelle, et lyophilisats, granulés, et extraits liquides injectables de façon moderne.
En complément des pratiques thérapeutiques exposées plus haut, la MTC a également recours au Qi gong (travail de l’énergie), hérité du Taoïsme, du bouddhisme et du confucianisme. Cette pratique regroupe les automassages, le "dao yin" ou l’art de « conduire l'énergie en l'harmonisant », ainsi que les méthodes de souffle avec pour vocation d’harmoniser corps et esprit, équilibre physique et émotions. Notons également la pratique très répandue du Taï chi, par le jeu de mouvements circulaires et d’exercices respiratoires dont les vertus pour la santé physique sont manifestes.
Après cette présentation succincte de la médecine traditionnelle chinoise, deux réactions naturelles s’observent. Pour certains, l’avalanche de termes chinois associés à une conception du vivant abstraite, aux yeux de l’Occidental, suscite plus de scepticisme qu’autre de chose. En outre, qu’auraient-ils besoin de se commettre dans un univers médical qui n’est pas le leur alors qu’ils bénéficient des traitements et équipements médicaux les plus avant-gardistes ? D’autres encore y verront l’occasion d’exercer leur curiosité. Au final, ce qui nous est étranger n’a guère la chance de se révéler sous son vrai jour.
A cela, nous répondrons par un simple constat : la MTC soigne quotidiennement au moins un quart de la population mondiale dont l’espérance de vie rivalise avec celle des pays occidentaux industrialisés. Aussi, il paraît judicieux d’abandonner tout point de vue comparatif entre les deux médecines au profit d’une immersion en profondeur. C’est en tous cas le parti d’une frange importante du monde. Car la MTC est bien une médecine universelle, au même titre que celle d’Hypocrate. Certes, les différences existent bel et bien, mais l’opposition est une vue étriquée de l’esprit. En atteste les recherches occidentales nombreuses sur les propriétés médicales de certaines plantes comme la Qing Hao révélée plus efficace que la nivaquine dans le traitement du paludisme. Et comprenons bien que la pharmacopée chinoise est aussi impressionnante qu’ancienne.
Alors qui sait, peut-être arriverons-nous un beau jour à concilier les vertus de ces deux médecines pour voir naître une thérapeutique efficace et humaine ? Ceci constituerait un bel exemple d’harmonie entre le point de vue analytique et le point de vue holistique, à l’instar du Yin et du Yang, toujours complémentaires, et jamais divergents.
http://ecolumen.free.fr/mtc.htm
http://sunsimiao.free.fr/sun/diet/diet1.htm
http://ren.zhong.free.fr/renzhong.htm
http://www.chuzhen.com/article.php3 ?tid=1
http://www.reimsqigong.com/mtc/maladie_herkunft.html