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Le ça, le moi et le surmoi – En découvrant que le refoulement peut avoir lieu au sein même de l’inconscient, Freud propose à partir de 1920 sa 2ème topique destinée à décrire l’organisation de l'appareil psychique. A ses yeux, différentes instances commandent à son fonctionnement : le Ça, renfermant l’animalité des instincts ; le Surmoi, responsable de la censure ; et le Moi, incarnant le sujet conscient ainsi que l’inconscient.
Depuis le Ça, siège des pulsions innées et refoulées, l’appareil psychique se forme et exprime des forces puissantes dénuées de logique ou de cause. En grandissant au contact du réel, l’être humain développe le Moi à la fois logique (conscient) et inconscient (mécanisme de défense). Mais les désirs inconscients se heurtent à une dernière instance, le Surmoi, qui recouvre une partie du pré-conscient et du conscient.
Selon Freud, l’émergence d’un désir inconscient se heurte au barrage moral incarné par le Surmoi. Celui-ci a intégré les interdits parentaux hérités du Complexe d’Œdipe et s’est enrichi au cours de l’éducation des valeurs symboliques morales et sociales, ainsi que d’un idéal qui lui est propre. Cet idéal est le résultat d’une adaptation des pulsions libidinales originelles à un objet narcissique. En tant que censeur, le Surmoi refoule tout désir non conforme dans l’inconscient. Son rôle est d’assurer la cohérence de la personnalité au gré de compromis sans cesse renouvelés autour des pulsions du Ça, de la réalité sociale et de ses propres valeurs.
Les actes psychiques inconscients – Le refoulement n’est pas synonyme de suppression et se voit mémorisé dans l’inconscient sous une forme latente active, toujours en prise avec sa charge émotionnelle. De la sorte, la réactivation du désir refoulé peut avoir lieu. Ces symptômes, ou actes inconscients, s’apparentent en tous points à des faits de conscience ordinaires. A ceci près qu’ils ne sont pas exécutés de façon consciente. Freud divise précisément ces actes en deux groupes : les actes manqués et les rêves.
Par actes manqués, il faut entendre les actions qui ne sont pas menées à terme dans la forme initialement souhaitée. Lapsus de la parole, de l’écriture, oubli, geste inopiné, quelle que soit leur forme, ils échappent au contrôle de notre conscience. Toutefois, ils font bien partie de nous et sont porteurs d’intentions, de désirs, que nous ne sommes pas toujours en mesure d’assumer. En les refoulant, nous nions leur message. Et tout travail d’analyse consiste justement à les laisser s’exprimer et à en décrypter le sens. On peut donc dire à juste titre que l’inconscient « parle » la langue des symptômes.
Le phénomène du rêve, entre autre, a longtemps été considéré comme une sorte d'errance de la pensée. Mais il est une manifestation de contenus subconscients pourvus d’intentionnalité. Le rêve est l’expression complète d’un désir sur le plan imaginaire décrit par une apparence connue par le rêveur. Son apparence confuse est directement reliée au mécanisme de censure effectué par le surmoi. Incapable de faire face à ses intentions réelles, le moi perçoit alors le rêve sous la forme d’intentions imagées et déplacées.
Pour la psychanalyste freudienne, l’interdit engendré par la sexualité, étayé par le rapport symbolique aux parents, serait à l’origine même de la constitution de l’appareil psychique. Et son bon développement serait incidemment corrélé à la négociation positive de certaines étapes clefs : le stade anal, stade du miroir et le complexe d’Œdipe. Tout traumatisme serait donc analysable dans le cadre de la sexualité, à l’instar des événements ayant marqué la petite enfance. Et sa résurgence à l’âge adulte serait caractéristique du refoulement d’une réalité autrefois perçue comme intolérable.
Le moi de la vigilance se définit selon Freud comme le propriétaire d’une maison qui serait l’âme. Et cette demeure est habitée de l’intérieur par des désirs inassouvis. La névrose, quand elle advient, se révèle donc être un échec du moi à faire face à la réalité de ses désirs. A contrario, la guérison se présente comme un processus de renforcement des défenses du moi. Quoiqu’il en soit, le moi est inconscient du fait qu’il n’est qu’un fragment de l’être, et que la compréhension de sa totalité ne peut être expérimentée que dans le vécu.
Afin de dénouer les conflits psychologiques que nous abritons en nous, s’impose un véritable travail sur soi. Sinon, nous sommes sans cesse hantés par eux. En outre, ce travail commence par une minoration du rôle du moi, par une constatation de l’emprise de l’inconscient, et par l’acceptation de notre réticence à le reconnaître. Toutefois, ne tombons pas dans l’écueil qui consiste à prêter à l’inconscient la potentialité manipulatrice d’un autre moi. De fait, l’inconscient est la partie immergée du moi réel et ne pèse que par le poids de notre passé. En le refusant, nous donnons naissance à des nœuds psychiques qui crèvent le voile de la conscience sous forme de symptômes, d’actes manqués, de rêves, d’émotions brutes.
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