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Principes de l’hypnose – L'hypnose repose avant toute chose sur une faculté de suggestibilité naturelle. L’efficacité de la suggestion tient en la focalisation de la conscience du patient sur des circuits cérébraux « en boucle ». Les procédés de renforcement de la suggestibilité ont pour but de créer un circuit neuronique réverbérant. Pour cela, le praticien peut proposer une idée déjà en voie de réalisation que le patient remarquera et dans laquelle il ne manquera pas de voir l’effet d’un réel pouvoir émanant de l’hypnotiseur. L’idéographie cérébrale montre aujourd’hui que toute perception, réelle ou imaginaire, s’accompagne d’une ébauche d’action. En outre, l’état d’éveil paradoxal se révèle être un excellent niveau de conscience dans le cadre de la faculté « idéomotrice ».
Aussi, l'hypnotiseur utilisera à proprement parler la suggestion pour augmenter la suggestibilité tout en amenant peu à peu le patient vers cet état d’éveil paradoxal. Grâce à celui-ci, il peut entretenir un rapport particulier avec le patient. La suggestibilité est variable selon les personnes, mais il est à noter que la suggestibilité culmine vers l'âge de sept ans et qu’elle demeure plus importante chez la femme que chez l'homme.
Sous état hypnotique, il est possible d’induire des illusions et des hallucinations. De fait, un hypnotiseur aguerri peut susciter l’apparition de plaies, d’inflammations subites, d’herpès et même rendre sourd, aveugle ou paralysé. A contrario de cet aspect spectaculaire, bien menée, une séance peut conduire le patient à la détente et avoir des répercussions bénéfiques sur la santé : traitement de problèmes sexuels, rhumatismaux, du sommeil, des migraines, des troubles gastriques, cardiaques respiratoires et dermatologiques. D’un point de vue psychique, certains praticiens prêtent à l’hypnose des vertus curatives sur les idées noires, l’anxiété, l’angoisse, les phobies et tics. Au vu d’une telle énumération de bienfaits thérapeutiques, on pourrait s’étonner que la médecine traditionnelle ait si peu recours à l’hypnose.
Le rejet de la médecine – La désaffection du corps médical pour l’hypnose semble tenir principalement aux raisons suivantes. Tout d’abord, aux yeux de la science cartésienne et expérimentale, l’allure quelque peu « magique » voire caricaturale des séances d’hypnose dessert sa validité.
En deuxième lieu, c’est la relation thérapeute/patient qui est visée. Le rapport de dépendance qui s’instaure gêne l’objectivité de la pratique médicale. De fait, et d’un point de vue psychologique, la relation est « érotisée » autour de cette domination. Aussi, la psychanalyse voit en l’hypnose une relation de type incestueux de Parent (Médecin) à Enfant (Malade).
Quant aux résultats, sont-ils vraiment définitifs ? La mesure de leurs effets est donc particulièrement délicate à enregistrer. La disparition d’un symptôme ne signifie pas l’éradication des racines du mal. Par ailleurs, rien n’empêche un déplacement symptomatique. En dernière analyse, tous les sujets sont-ils hypnotisables au même degré et de la même manière ? Dans ce cas, l’hypnose dispose-t-elle d’une méthodologie envisageable et transmissible ?
Ces réserves sont bien compréhensibles de la part de la science qui fonde ses avancées sur une déontologie stricte. Certains praticiens ont voulu minimiser l’effet de transfert et de domination hypnotiques en s’auto hypnotisant. D’autres encore ont recherché l’effet hypnotique dans l’état de veille même via la Programmation Neuro Linguistique. Mais à l’évidence, le caractère éthique que suppose la pratique de l’hypnose interroge directement le thérapeute, et son aspect manipulatoire demeure malgré toutes les tentatives d’atténuation. Ceci suffit donc à rendre compte des réticences de la science.
La Méthode Coué et training autogène – La méthode Coué est dérivée de la suggestibilité. Mais elle est avant tout une méthode d’autosuggestion. Elle se base sur le prédicat selon lequel notre subconscient définit nos états physiques et mentaux. En outre, c’est grâce à notre imagination que nous entrons en contact avec celui-ci, en positif comme en négatif. Aussi, ce n’est pas tant la volonté qui entre en jeu que l’imagination. Elle cite volontiers l’exemple de la poutre de bois : s’il nous est facile de marcher dessus alors qu’elle est posée à terre, l’opération devient souvent impensable lorsqu’il s’agit de la faire à plusieurs mètres du sol, et la volonté n’y suffit pas. Voilà ce que nous dit en essence la méthode Coué.
Elle s’articule autour de 5 postulats de base. Premièrement, toute pensée que nous hébergeons est pour nous une réalité ayant tendance à se réaliser. En second lieu, la première faculté de l’homme est l’imagination. Le troisième point nous indique qu’au cours d’un combat entre l’imagination et la volonté, c’est invariablement la volonté qui l’emporte. En quatrième point, la méthode Coué stipule que l’alliance de la volonté et de l’imagination décuple la force engendrée. Pour finir, elle prône la capacité de l’homme à conduire sa propre imagination par le biais d’autosuggestions menées quotidiennement en énonçant à haute voix une pensée positive.
Toujours dans ce sillage, un certain Schultz a mis au point la technique du « Training autogène » sur la base d’une longue enquête menée auprès de personnes capables d’autohypnose. L'expression « training autogène » signifie « s'entraîner soi-même ». Il s'agit d'une technique de relaxation profonde. Celui-ci en a retiré les observations suivantes susceptibles d’établir un procédé méthodologique efficient. Il conviendra de choisir un lieu calme, tempéré, dans la pénombre et de s’assurer de ne pas être dérangé. Vêtements souples, position assise ou couchée, dénué de toute envie de satisfaire à un besoin naturel. Dès lors, il est possible de se détendre en ressentant des sensations de pesanteur et de chaleur dans différentes parties de son corps. Pendant 20 à 30 minutes par jour, sur une durée de deux à six mois, se fait l’apprentissage fondamental. La séance commence par la répétition d’une formule d'intention (« Je me sens tout à fait calme »,) visant à déclencher le processus de relaxation. Ensuite, on répète des formules pour chacun des exercices et on se concentre sur les sensations ressenties. Les six étapes permettent de détendre successivement les muscles, le système vasculaire, le coeur, la respiration, les organes abdominaux et la tête. Les bénéfices sont fort intéressants : diminution du stress et de ses multiples conséquences néfastes, contrôle de la douleur, amélioration de la concentration, de la qualité du sommeil, de la circulation sanguine, de la capacité respiratoire et du rythme cardiaque.
L'Hypnose est un état de concentration et de relaxation qui permet à la partie automatique et émotionnelle du comportement, que l'on appelle l'Inconscient, d'être plus réceptive qu'à l'état normal de "veille". Cet état s'apparente à celui dans lequel on se trouve lorsque l'on pratique la méditation, lorsque l'on fait du yoga, lorsque l'on va s'endormir. En outre c'est un état d'hyper suggestibilité via lequel on peut ressentir à volonté des émotions et des sensations imaginaires.
Il est certain que l’on pourrait en tirer des bénéfices avérés du seul point de vue médical. D’ailleurs, le personnel soignant fait de l'hypnothérapie souvent sans le savoir. Une telle formation serait sûrement souhaitable. En France, une telle formation ne fait pas partie du cursus. Si, aux Etats-Unis, persiste une médecine ouvertement religieuse à côté de la médecine officielle, ce n'est absolument le cas en France. Dans ce dernier pays, il y a cinquante ans, les médecines rituelles n'étaient en général pas pratiquées par des médecins, sauf quand elles se targuaient d'être scientifiques (acupuncture, homéopathie, psychanalyse).
Les seuls chercheurs à avoir entamé de véritables recherches sur l’hypnose sont des parapsychologues français. Mais leurs travaux et leurs hypothèses contestent trop l'establishment médical et psychologique pour avoir actuellement la moindre audience. Pour que la médecine occidentale change et tienne compte de l'hypnose, il faudrait qu'elle relativise ses principaux mythes : essentiellement, l'objectivisme et le réalisme tout en gardant en tête de prendre garde aux excès dus à la pratiques en elle-même et d’en fixer l’éthique de façon claire et nette.